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Mots de la marraine de la semaine
Florence Heiniger
J'ai eu la chance de rencontrer STOP SUICIDE
à La Comédie de Genève au moment
de la passionnante mise en scène de Roméo
et Juliette par Anne Bisang. La tragédie
des deux amants de Vérone nous a permis d'ouvrir
le débat sur le thème du suicide. Une
discussion que nous avons poursuivie sur le plateau
de Faxculture, ex- magazine littéraire
de la télévision suisse romande, pour
briser le tabou du suicide et parler en termes de prévention.
Une nouvelle fois, la culture, ici le
texte de Shakespeare, offrait ses capacités de
résonance et d'interprétation de
la société à travers les siècles.
J'ai aimé le ton de Florian, son engagement direct,
j'ai été sensible au fait que ces deux
jeunes partant d'une douleur, la mort d'un ami,
construisaient une parole de soutien pour briser le
silence.
STOP SUICIDE, c'est une parole de qualité
qui vient des jeunes et qui s'adresse aux jeunes, sans
intermédiaire, elle est agissante et militante
pour le mieux être.
J'ai également pu constater lors
d'une séance de travail que le débat vif,
pas dénué d'humour, est inhérent
à l'association et que le doute fait aussi
partie du processus pour repenser ensemble la vie et
les autres, la vie avec les autres.
J'aime à penser que la culture
est une passerelle indispensable à notre
société, un lien entre les gens. Passerelle,
construite de mots, d'images et de sens, elle donne
à repenser, elle fait une halte dans le coeur
et le cerveau des hommes et des femmes. Cette semaine
de prévention est ainsi aussi une passerelle
sur laquelle vont se greffer spectacles, lectures, films,
pour développer réflexion et tendresse
pour communiquer de vous à toi, de toi à
eux.
« Le suicide, ce n'est pas vouloir mourir, c'est
vouloir disparaître », Georges Perros,
papiers collés II Gallimard. Je ne sais pas si
c'est juste, je ne sais pas si c'est ainsi qu'il faut
le mettre en mots mais peut-être qu'en parlant,
pendant cette semaine de prévention, on disparaît
moins...
Je soutiens la volonté de prévention
dans les écoles, telle que la revendique STOP
SUICIDE. Ces trois derniers mois, j'ai eu la chance
de rencontrer plus de 300 adolescents autour du prix
TSR littérature ADOS, lié à l'émission
Sang d'Encre. 300 interlocuteurs pertinents
et sensibles capables de parler, en réponse
aux livres proposés, de la fugue, de l'autorité
parentale, de l'identité sexuelle et/ou
du cancer. Dans un climat de confiance, que nous, adultes,
devont leur offrir comme un cadeau, ce sont de formidables
partenaires. Pourquoi ne pas engager avec eux, dans
un cadre pensé, un échange de paroles
autour du suicide sans banaliser, pour mieux dire et
prévenir.
Un mot sur l'affiche de Luc et de ses
comparses… elle ne touche pas seulement un bras,
elle désire arrêter la mort. Saisir ?
caresser ? empoigner ? retenir ? pour
se placer du côté de la vie.
Florence Heiniger, marainne de
la semaine
productrice-journaliste de Sang d'Encre, rendez-vous
littéraire de la TSR
» Sang
d'encre
Et quelques phrases inspirées
par
Florence Heiniger
En écho à une semaine où
cinéma, théâtre et lectures offrent
le possible d'une rencontre et d'une écoute :
« Avec l'amour, l'amitié et la fraternité
d'action, l'art est le plus court chemin d'un homme
à un autre. » Claude Roy
En écho à la campagne d'affichage qui
touche le corps de l'autre pour le préserver
du danger :
« Quand tu ne sais pas quoi faire de tes
mains, transforme-les en caresses. » Jacques
Salomé
En écho à la solitude des villes :
« Pour qu'un enfant grandisse, il faut tout
un village. » Proverbe africain
En écho à l'impatience de comprendre :
« Des choses arrivent qui sont comme des
questions. Une minute passe, ou bien des années,
puis la vie répond. » Alessandro Baricco
En écho à la lumière de nos nuits
:
« Plus je vieillis, plus je vois que ce qui
ne s'évanouit pas, ce sont les rêves. »
Jean Cocteau
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